Le dernier feu

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Berlin, un jour d’août 2000, à midi. Une voiture roulant à vive allure fauche un enfant et le tue sur le coup. Cet événement cristallise la mémoire de plusieurs personnes liées de près ou de loin à la mort de cet enfant. Sept ans après, chacun s’exprime sous le contrôle des autres.

 

L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte

 

Olivier Werner, metteur en scène :

Le dernier feu est l’incarnation d’une mémoire collective. Une mémoire qui se déploie dans les tremblements et les vacillements de chacun des protagonistes. Pour les personnages de la pièce, il n’y a pas lieu de se mettre d’accord. C’est même la condition préliminaire admise par tous et qui seule semble rendre possible un récit ensemble, devant public.

Ce groupe de gens revendique la part de solitude et d’individualité de chacun de ses membres, le seul but de la représentation collective étant de mettre en commun le souvenir d’une période vécue il y a sept ans - toutes les failles qu’elle a pu mettre à jour, toutes les conséquences qu’elle a pu provoquer ou révéler - et d’essayer de s’en affranchir. Collectivement mais pour chacun.

Le fait divers ne m’intéresse pas en lui-même. Pour moi, il est prétexte à poursuivre avec les acteurs une recherche sur la mise en jeu du souvenir. Le souvenir agissant, créateur du présent théâtral.

Jamais la maîtrise de Dea Loher ne s’est autant affirmée dans cette exploration du sensible. Le dernier feu est dans son œuvre un texte de la maturité, qui propose, dans le fond comme dans la forme, l’urgence d’un théâtre qui ne tient pas le rapport scène / salle pour acquis. Dea Loher tient le verbe de ses personnages au plus près, une langue à la fois charpentée et fluide, très près du rythme de la parole. En travaillant sur la pièce, je pense souvent à Par les villages de Peter Handke, cette façon si particulière d'être parlé par sa langue, de laisser aux phrases le soin d’explorer la psyché des parleurs, au delà de toute maîtrise de leur part. Et je pense aussi à Koltès, dont elle est pour moi une petite sœur outre Rhin pour ce qui est du rythme de la langue, et l’humour toujours présent qui se dégage des situations les plus tristes en apparence.