Un ou deux sourires par jour

Metteur en scène: 
Mode d'action - genre d'activité: 
Saison: 

 

Mise en espace présentée à Aubervilliers puis les 15 et 16 mai à Nice.

 

" Entrés par effraction dans la cuisine de J., nous surprenons la conversation entre J. et V. Elles parlent. Visiblement elles se comprennent. Le plus souvent à demi-mot. Nous entendons. Plus nous écoutons, moins nous avons l'impression de comprendre leur histoire, leurs histoires plutôt. Et pourtant nous entendons.

Essayons ceci : nous laissons traîner, sans faire effort, notre oreille, flottant entre les mots, dans, au-dessus, en-dessous d'eux, portés par des silences et par les sons. (...) " Jean-Claude Fall (Extrait du programme)

 

Dans le Bulletin Ecritures n°8, en juin 1979, Antoine Gallien rend compte de cette expérience :

"Je craignais, malgré le talent de Fall et des comédiens, que l'entrelac d'allusions déroutât, et provoquât l'abandon des spectateurs. Crainte infantile... Cette écriture n'a pas été rejetée, du moins pas systématiquement. Je vais donc pouvoir, dans de prochaines pièces, pratiquer, plus carrément encore, l'écriture allusive.

La qualité et la précision des questions qui m'ont été posées pendant les débats avec le public m'ont, elles, permis (à moi qui ignore souvent ce que je fais) de mieux savoir ce que j'avais écrit. " Une tranche de vie " et de fantasmes ? Un drame psychologique ? Une tragi-comédie de l'ordinaire ? Même si (au fond) je reste dans l'ignorance, j'ai au moins l'illusion d'y voir un peu clair... Mais pas la place de décrire, ici, le contenu de mon illusion.

Par leur désir d'entrevoir plus précisément le passé et l'avenir des personnages, les spectateurs m'ont aussi appris que cette pièce est peut-être traversée d'un ou deux manques. J'ai envie de les combler. Les combler, oui. Mais incomplètement, car l'allusion prime. (...)"