Mélo, par Stanislas Nordey, vu par Frédéric Ciriez

 

Lundi 12 novembre 2012, les éditions Verticales présentaient Frédéric Ciriez dont le deuxième roman, Mélo, paraît début janvier 2013.

 

"La veille du 1er Mai 2013, deux hommes et une femme circulent dans les rues de Paris et de sa proche banlieue : un syndicaliste au bord du suicide, un sapeur congolais chauffeur de camion poubelle et une jeune Chinoise vendeuse de briquets. Trois personnages qui se croisent à peine et vont bientôt glisser dans la nuit.
Quel feu les consume ?  Mélo.

Avec sa langue incarnée, généreuse et imagée, Frédéric Ciriez s’impose ici comme un témoin de l’infra-ordinaire, des invisibles qui hantent notre réalité."
Mélo, 4e de couverture

 

Stanislas Nordey a lu un montage de la deuxième partie du roman (le formidable sapeur congolais) et nous avons demandé à Frédéric Ciriez, le lendemain, s'il voulait bien nous livrer ses impressions. Les voici :
 

Théâtre Ouvert - quel beau nom pour un théâtre situé dans une impasse, étrange et mystérieux, logique et magnétique : ouvert à qui ? à quoi ? à quel vent ? à quelle humanité ? A tout, à tous, par principe - à Pigalle, c'est normal. A Mélo, en cette soirée du 12 novembre 2012, texte de fiction sans finalité théâtrale non encore en pile sur les tables de la culture (le 3 janvier 2013) et lu par Stanislas Nordey.
Davantage qu'une lecture, un jeu, l'appropriation progressive de l'histoire d'une métamorphose, le passage du social à l'esthétique de soi - le dandysme, version Sape. 
Premier contact du texte écrit avec ses... auditeurs. Ce soir, l'auteur en est le témoin : plaisir et trouble de se faire altérer, anonyme dans la pénombre de la salle bondée, sans contrôle face à ce qui déroule là et vit sans lui, par un autre. Monsieur Ciriez n'en fera pas un drame. Bien au contraire. Il est assis et on ne le voit pas. Avec les autres. Avec tout le monde. Tout seul.
Silence et éclats de rire des spectateurs : la transformation s'opère, sapée par la voix chaude du comédien. Sa générosité s'est emparée de la vanité du personnage qu'il est lui-même devenu debout à son pupitre de lecture. Lui ne paye pas de son corps mais de sa voix. Cet homme est un athlète et un enfant. Il ne cesse de jouer. Peut-être est-ce là aussi le sens de toute exhibition, de toute sexualité, sur fond de néant.
Frédéric Ciriez

 

Frédéric Ciriez est né à Paimpol, en Bretagne, en 1971. Il a suivi des études de lettres et de linguistique à Brest puis à Rennes. Après plusieurs collaborations littéraires, il publie son premier roman, Des néons sous la mer (Verticales, 2008 ; Folio, 2010). Une nouvelle a paru dans la NRF, “Femmes fumigènes” (avril 2010).